vendredi 19 août 2011

Zombies are pissed @ Le Tostaki 1/07/2011





Si Cora n'avait pas fait deux-cent kilomètres pour voir ce concert en me convainquant qu'il fallait absolument être présent pour assister à ce qui semblait être le renouveau de la scène hardcore française, je ne sais pas si je me serais déplacé.

Je dois bien avouer que je ne connaissais Zombies are pissed que de nom jusqu'à ce soir, malgré le fait que l'ancien batteur ait déménagé à Lyon récemment. Quant à Splint, le groupe qui ouvraient pour eux, je n'en avais tout bonnement jamais entendu parler.

Quand on arrive au tostaki, à une heure où en général je pense plutôt à lire des commentaires sur des forums internet en réfléchissant à ce qui va constituer mon diner une heure après, je constate que je ne connais absolument personne des gens qui trainent devant le bar. Je crois que çà faisait bien 10 ans que çà ne m'était pas arrivé lors d'un concert affilié punk / hardcore à Lyon. Je ne cherche pas ainsi à montrer l'étendue de mes qualités mondaines (dont l'image volera de toute façon immédiatement en éclat si jamais vous allez la "chance" de me croiser dans le monde réel - je suis moins loquace avec la bouche qu'avec les doigts) mais plutôt à démontrer qu'il n'existe pour ainsi dire plus une scène punk/hardcore lyonnaise mais plusieurs. C'est pour ainsi dire assez rassurant de savoir qu'on peut aller voir des concerts de styles proches en voyant des gens différents. Le fait est aussi que beaucoup de concerts du style ont eu lieu à Grrnd zero ces dernières années, lieu dont la programmation musicale peut sembler souvent illisible pour des gens qui cherchent avant-tout une musique directe et aux émotions fortes. Le seul truc étrange est qu'il n'y a quasiment pas de filles dans le public ce soir, d'autant plus que c'est une fille qui organise. Les hommes aiment le hardcore viril et les filles préfèrent aller voir Japanther et No Age à Gerland ? Ne me faites pas croire que ce cliché est vrai.

Le temps de prendre un verre, d'attendre un bon moment dehors, puis le premier groupe s'installe. Il s'agit d'un groupe de dépannage pour la soirée appelé Hangover for breakfast. Avec un nom pareil je suis plutôt dubitatif sur le contenu des textes du groupe, sur lesquels je ne préfère pas me pencher. Je ne reste pas longtemps devant leur prestation qui est une sorte de mélange de folk-punk de marin tatoué à voir éraillée entre les Pogues et Against Me! (dont ils vont jusqu'à reprendre "Pints of guinness make you strong") et de passages ska. Beaucoup de gens apprécient le set, et je n'en fais pas partie.

Splint enchainent, et nous informent qu'ils viennent de Dijon. Le chanteur visiblement déjà bien saoul se répand dans beaucoup de monologues entre les morceaux, monologues qui malheureusement ne présentent pas un grand intérêt alors que en général je suis plutôt pour ce genre de tentative de ramener un peu de dialogue dans les concerts. C'est dommage car çà ferait presque oublier que le batteur est très doué, que le bassiste joue vraiment hyper bien et que le guitariste est également excellent, même si je n'aime pas forcément ce qu'il fait, et qu'au final le groupe joue un bon hardcore énervé, rapide et hyper efficace. Il me faut un bon moment pour me rendre compte que le guitariste est également un ancien Krapnek (groupe dont les concerts étaient à chaque fois des évènements par ici), et à la fin je trouve que Splint ont bien fait bouger le dance-floor. Bonne surprise. Et puis des groupes qui font des reprises de Burning Heads, je ne peux que les soutenir des deux mains...

Zombies are pissed sont un quintet caennais, dont l'ancien batteur joue désormais dans Veuve SS et dans Sport, et dont le nouveau traîne également ses baguettes dans Sugartown Cabaret. Dès le début de leur concert, je sens que je vais trouver çà cool. On dirait une sorte de mélange de punk rock mélodique moderne influencé par des groupes influencés eux-mêmes par Hot Water Music, et de hardcore rapide aux tendances old-school voir fastcore (cf la reprise de Limp Wrist que je n'ai même pas été foutu de reconnaître). Assez surprenant en vérité, je n'ai pas forcément les références musicales récentes de ces gens mais je trouve leur concert frais, sincère et super énergique. Les gens dansent, sautent partout et sont heureux, et même si je n'en connais que deux ou trois qui viennent d'arriver dans le tas je me sens vraiment bien et en accord avec l'ambiance de la soirée. A la fin du concert je me fend même d'un achat de leur split EP avec Youth Avoiders (encore un nouveau groupe hardcore français qu'il faut que je creuse...)

Tout çà m'a ramené quelques années en arrière, lors des échanges incessants entre les groupes lyonnais (Daitro, Simfela, Mihai Edrisch...) et des autres villes (Flying Worker!, Hyacinth, Dead for a minute, Apollo Program, Amanda Woodward) . Ce concert m'a rappelé que ce genre de scène "fraternelle" existait encore dans ce genre de musique.


mercredi 17 août 2011

Fast Arbeit Babies @ Rock'n'roll Vengeance 28/06/2011




Premier concert au nouveau squat du rock'n'roll vengeance, une grande maison occupée depuis peu et dotée de larges espaces verts derrière ! Un endroit plutôt adapté à une chaude soirée comme celle de ce 28 juin, avec deux groupes qui ont déjà joué à Lyon deux ans auparavant, à savoir Fast Arbeit Babies de Strasbourg, et La URSS, groupe espagnol.

A peine arrivé on apprend que La URSS ont eu un problème de van et qu'ils risquent d'arriver assez tard. Etant donné que je dois me lever très tôt le lendemain, çà compromet largement mes chances de les voir.

Au bout d'un certain temps, Fast Arbeit Babies commencent à jouer dans le garage surchauffé de la maison. Même si la plupart des gens semblent rester à l'intérieur, le quintet alsacien donne toute son énergie dans un concert qui surpasse largement le souvenir de leur déjà très bon set au coco charnel en 2009. Fast Arbeit Babies officie dans une sorte de punk bizarre très rythmique avec la présence d'un clavier, et avec au chant deux filles qui éructent parfois en duo, parfois séparément, et le tout est très énergique. Si au départ j'avais trouvé que l'intérêt du groupe tenait surtout à son originalité (on pense à Robotnicka ou Lucrate Milk, pas les références les plus courantes), après ce concert je me dis que la musique vaut largement plus le coup qu'il n'y parait au premier abord. Les compositions du groupe sont surprenantes et utilisent sans cesse de nouvelles trouvailles, et l'effet serait un peu comme de monter un escalier dont les marches multicolores se déroberaient les unes après les autres, faisant tomber l'auditeur (ou spectateur) dans une piscine de bonbons entourée des deux chanteuses de FAB qui lui crieraient dans les oreilles.

Visuellement, le groupe en impose aussi et l'espèce de complicité entre les deux filles du groupe est assez plaisante à voir. Au bout d'un moment je commence à me sentir vraiment mal à l'aise à cause de la chaleur et j'ai envie d'enlever ma chemise, mais ne voyant personne de torse nu dans la salle j'y réfléchis à deux fois, et c'est ainsi ma pudeur naturelle reprend le dessus. Dans d'autres contextes je serais plus à l'aise mais dans celui là je préfère m'abstenir. Je ne sais pas si j'aurais offensé d'autres personnes en enlevant le haut, mais j'aime bien penser à cette idée de la nudité (partielle ou totale) dans un contexte de concert punk, et notamment dans un squat. Ne pourrait-elle pas devenir un peu plus banale lorsque les conditions climatiques s'y prêtent ? Où est-elle encore une fois une barrière infranchissable entre hommes et femmes (les premiers ayant beaucoup moins de contraintes sociales à se dévêtir) ?

Bref, dès la fin du set je me précipite dehors histoire de sécher un peu, et j'apprend que les espagnols ne sont pas près d'arriver. Etant donné que je les avais trouvé assez quelconque la première fois, je n'ai pas de regrets à filer vers le métro.

vendredi 22 juillet 2011

The Estranged + Pizza OD @ la Triperie 23/06/2011

Pizza OD

Pizza OD

Pizza OD

The Estranged

The Estranged

The Estranged

The Estranged

The Estranged

The Estranged

The Estranged


La venue de The Estranged en Europe constituait pour moi un évènement, depuis que je m'étais mis à sérieusement suivre les conseils de quelques camarades éclairés (vous savez, ceux qui commandent toujours les bons 45 tours que tout le monde cherche 6 mois après leur sortie quand ils sont déjà épuisés...). Inconnus au bataillon pour certains, déjà trop hype pour d'autres, The Estranged ont au moins le mérite d'avoir remis au goût du jour une certaine vision du post-punk, à savoir celui de leur ville natale, Portland, dans la lignée des Wipers, groupe qui ne cesse d'être redécouvert par plus de monde chaque année. Il faudrait évidemment abuser de mauvaise foi pour considérer que The Estranged, anciens Remains of the day, n'en sont qu'une pale copie, étant donnée l'évolution constatée sur le dernier album du groupe "the subliminal man" vers des territoires un peu plus "new-wave" (j'ose pas dire post-punk car j'ai l'impression de le sortir à toutes mes chroniques.... çà y est j'ai trouvé un générique encore moins précis que "emo"... le post-punk c'est bien ce que tous les kids téléchargent sur leur macbooks depuis 5 ans, non ?)

Bref, je m'égare, et ce soir les ricains jouent à la triperie, salle des pentes de la croix rousse qui ne semble pas trop avoir l'habitude de ce genre d'évènement, avec nos amis de Pizza OD pour ouvrir de belle façon la soirée.

Je ne m'étendrais pas trop sur la prestation de Pizza OD. Si vous avez lu le blog récemment vous pouvez (re)lire tout le bien que je pense de la "nouvelle" orientation du trio, et ce soir rien ne déçoit, si ce n'est que j'ai un peu de mal à totalement rentrer dedans, faute à une température très élevée qui n'incite pas trop les gens à bouger, ce que Alex fera remarquer pendant le set. Ce soir c'est surtout la release party officieuse du premier disque de Pizza OD, un beau EP 7 pouces avec une pochette cool et un insert à l'humour très local, et çà c'est également un grand évènement.

Juste le temps de sortir, et de voir arriver mes amis clermontois de Bored to death qui étaient déjà en train de chercher une place de parking avant le set des lyonnais et qui ont fini par se garer assez loin en pestant contre la non-disponibilité des places dans les pentes. Ca me rappelle l'époque des concerts récurrents dans le quartier, époque où venant de loin je laissais régulièrement ma voiture sur l'autre rive, préférant finir à pied. Quand je discute avec des clermontois j'ai presque l'impression d'être un parisien, ce qui est assez bizarre pour moi.

The Estranged attaquent peu après, et là, tout de suite je sens que je vais avoir droit à un des concerts de l'année. Le groupe a l'air tendu, mais avec cette tension positive qui va se décharger en énergie électrique et irradier tous les heureux spectateurs. C'est un peu çà en fait... il fait chaud, très chaud, et très humide dans cette salle, les gens sont serrés comme des voitures un samedi de juillet sur l'A7, et attendent patiemment le début du set comme une sorte de libération. Et là, tout s’enchaîne dans une débauche de décibels. La batterie, la basse, et la guitare - passée à travers un paquet d'effets transformant le son chaud et puissant habituel de la Les Paul en un son tranchant parfaitement adapté à la musique du trio et à la sonorité du lieu - sont au service de ces chansons, tirées d'un peu toutes les sorties du groupe, que çà soit des premiers EP sortis il y a déjà 3/4 ans au dernier album que je ne connais encore que très peu au moment du concert (mais j'ai bien eu le temps d'user mes mp3 depuis) en passant par quelques sélections bien senties du premier album - pas forcément les morceaux que j'imaginais d'ailleurs. La musique de The Estranged possède cette rythmique implacable qui permet tous les débordements en concert. Un peu comme si ils voulaient absolument faire sortir ces chansons de leurs rails. Au bout d'une quarantaine de minutes le groupe sort vidé, épuisé, et je pourrais facilement tordre ma chemise et en faire sortir au moins un litre d'eau tellement j'ai transpiré, mais en tout cas je suis bien content d'avoir vu çà, surtout après les commentaires peu engageants suite aux prestations du groupe dans d'autres villes (Bordeaux, Paris). La réussite d'un concert est une alchimie de plusieurs choses inquantifiables et ce soir çà a marché.

mardi 19 juillet 2011

Défaite de la musique @ L'atelier des canulars 21/06/2011

Sarkofacho CRSS 88

Moms on Meth

Moms on Meth

Moms on Meth

Motherfucking

4ème édition depuis 2008, la défaite de la musique de la Luttine est l'occasion pour une partie de la scène punk locale de faire découvrir ses nouveaux talents et de célébrer quelques anciens devant un public de passants parfois curieux et souvent effrayés. On peut se rappeler de l'excitante première édition sous la chaleur en 2008 (Lexomyl, Organ Grinder, Sarkofacho CRSS 88, Pizza OD, Passion Armée, Yulia Darwin...), de la cool édition de 2009 sous un temps doux et variable (Morgane Desbeet, 12XU, Télécommande, Tofu Vendetta, Fleurs, Otaku Party, Good Good Things...), de l'édition spéciale groupes non lyonnais sous la fraîcheur en 2010 (Profs de Skids, Rip it up, Gethen, Beyond Pink, La Peau et les Os...) et c'est donc logiquement avec des orages et des trombes d'eau que cette édition 2011 devait se passer. Vivement l'ouragan, la tornade voir le blizzard pour le 21 juin 2012.

Dans ces conditions, il n'y avait pas d'autre moyen que d'investir les locaux de l'atelier des canulars au 87 de la rue Montesquieu, ce qui avait également pour avantage de limiter les posssibles arrivées de nos amis de la police nationale. Le lieu n'était peut-être pas des plus adaptés pour un concert mais étant donné la dispersion des soirées ce soir là (cf le concert de Modern city quelques rues plus bas avec Veuve SS, 12XU, Aina...) la jauge n'a jamais explosé.

Christopher aka SarkofachoCRSS88 ouvre le bal, il doit être le seul à participer à chaque édition sous une forme ou une autre et comme d'habitude çà va dans l'agression pure, alors que la plupart des gens sont encore à l'extérieur au moment du set. On dirait que le public de la fête de la musique n'est toujours pas habitué à ce genre de performance.

Moms on Meth enchainent, devant déjà un peu plus de monde, et encore une fois le groupe livre un concert bien puissant et énergique, les gens n'osent pas encore trop danser mais apprécient le set. Le batteur devant partir jouer avec Lost Boys et le guitariste avec Veuve SS à la soirée Modern city, le set ne s'éternisera pas.

Motherfucking sont les suivants, dans une ambiance beaucoup plus "tranquille", et pour la deuxième fois en un mois j'apprécie leur prestation bien ambient/fin du monde, finalement peut-être que l'atelier est plus adapté pour certains groupes que pour d'autres ? C'est juste dommage que les piles de mon appareil photo lâchent à ce moment et que je n'en ai pas d'autres sur moi.

Tant pis pour The Watcher, nouveau groupe de la diaspora oullinoise qui effectue ce soir son premier concert. Le style n'a encore une fois rien à voir avec les groupes précédents (coté musique cette soirée brille par son éclectisme) en jouant une sorte de post-hardcore / post-rock qui personnellement me fait penser à du Neurosis dernière période ou à des trucs genre Pelican, c'est à dire lent, un peu planant et un peu heavy, mais pas trop tout de même malheureusement. On sent le groupe appliqué et content de jouer, mais encore très timide, ce qui est bien normal pour un premier concert. En général je ne suis pas très amateur de ce genre de musique mais là j'ai trouvé çà plutôt assez bien senti.

Tant pis également pour Anti-Oedipe, et leur techno-anarcho punk (??) énervé et rapide. La foule s'est amassée dans le lieu et l'ambiance devient de plus en plus électrique. Serait-ce la présence d'une chanteuse ou les influences anarcho-punk du quatuor qui excite autant les gens ? Ou alors le début d'orage ? Le groupe n'a pas l'air super à l'aise face au public qui renvoie surtout une certaine forme de violence, ce qui peut sembler compréhensible.

Le concert de Pizza OD fait écho à celui de 3 ans plus tôt quelques mètres plus loin, avec cette fois ci leur nouveau set, désormais bien encré dans les têtes des fans: "cigarettes", "maison hantée", "au fond du ravin", etc.... l'ambiance est hyper cool et le public est à fond.

Il y aura ensuite des concerts de Placard et de Black Bird Raum (groupe de folk-punk américain qui tourne en train) mais il est déjà tard et je dois m'en aller.


lundi 18 juillet 2011

Placard + Torticoli @ Grrnd Zero 7/06/2011

Placard

Torticoli

Un concert en semaine avec des groupes aux noms improbables... quand je dis improbables c'est qu'on est tellement habitués depuis des décennies à entendre des noms anglais un peu partout que forcément quand un groupe décide de s'appeler Chevreuil ou Placard çà choque tout de suite alors que bon, en vérité, un nom est juste un nom...

Mais 3 (et même 4 ) groupes à la suite avec des noms en français on avait pas vraiment l'habitude...

Bon ce débat est quelque part hors sujet et si vous me demandez, je pense que je préfère encore les groupes dont les noms n'ont pas de sens direct ou n'évoquent rien de précis. C'est juste mon avis.

Placard est la réincarnation de TMNT, aka Teenage Mutant Ninja Turtles, nouveau groupe lyonnais formé de jeunes gens qui officient dans un genre de punk rock / hardcore assez personnel.... le changement de nom évoque le changement de style vestimentaire du groupe (fini les masques), mais peut-être aussi le coté "claustrophobe" de la musique ? C'est ce qui était marqué sur le flyer mais je trouve que çà sied bien au quatuor ce soir là, du punk rock donc, mais dans un genre qui dégage de la frustration, une certaine forme de colère mais pas vraiment explosive, bref, j'ai trouvé ce set intriguant et çà m'a donné envie d'en voir un deuxième dans pas très longtemps.

Torticoli, pas prévus à l'origine, enchaînent avec leur rock instrumental puissant et évocateur, je trouve çà encore cool comme lors du concert en ouverture de Forgetters deux semaines plus tôt, sauf quand le guitariste sort le bottleneck pour un morceau qui me rappelle un peu trop des trucs à la Queens of the Stone Age et compagnie.

La suite se passe avec Cogne et Foutre, projet solo mélangeant vidéo et bruit crée par un des activistes derrière dodeskaden, et très honnêtement je n'aurais pas grand chose à en dire manquant totalement de référence dans le domaine.

La soirée se termine avec La Race, groupe a priori excitant puisque constitué de Pavel de Death To Pigs (un des groupes français les plus excitants en concert de la décennie passée, à mon avis et de Hallux Valgus et d'ex (ou actuels ?) membres de Headwar (idem que pour Death To pigs). Malheureusement il est déjà relativement tard et je dois me lever quelques heures après donc c'est à regret que je dois quitter la salle avant leur set, mais il parait que c'était bien.

dimanche 26 juin 2011

Bandit Dance # 3 @ Grrnd Zero 4/06/2011

Top Affaire

Alligator

De Fatwas

Lispector

Peter James Taylor & co

Clara Clara

Ok Vancouver OK

Grass Widow

Sida




Alors là il va falloir être indulgent, chroniquer avec force détail une soirée avec une bonne dizaine de groupes çà risque de prendre des semaines, du coup ne m'en voulez pas si tout est condensé !

Pour résumer, cette soirée est le troisième numéro d'une série entamée il y a un certain temps par le grrnd zero avec pour une idée de faire dans l'oecuménisme musical, et de mémoire je n'ai a fortiori assisté à aucune des deux premières éditions. Ne me demandez pas ce que signifie l'intitulé Bandit Dance, de toute façon je n'ai jamais lu les bios fournies par grrnd zero, et c'est pas en 2011 que çà va commencer.

On retrouve donc tout un tas d'habitués de lieu, que ce soit par leur participation régulière aux concerts en tant qu'organisateurs, ou en tant que groupe qui répète dans les murs à l'étage.

On retrouve également un four à pizza préchauffé la veille (car fait à base de céramique) et un maestro hors pair de la pâte à pizza histoire de faire patienter la foule présente sur place pendant des heures, ainsi qu'une décoration à la pointe de la tendance. Quand on fait la fête à Grrnd Zero, on ne la fait pas à moitié.

Pour ce qui est de la musique, on peut citer les "nouveaux venus" Top Affaire (en répète çà m'avait fait penser à Tristeza, en concert c'est plus proche de Téléphone joué par des gens fatigués, au final je ne sais pas quoi en dire), Alligator (duo constitué de Lisa de Réveille et de Elizabeth de Moms on meth - post-punk pop plutôt chouette), De Fatwas (punk hollandais aussi classique et primaire que bienvenu dans cette soirée), Lispector (pop-synthétique et onirique... pas mon truc du tout mais honnête), Commune (chanson française jouée avec une guitare de metal... y en a qui ont aimé), Peter James Taylor (un gars de Action Beat qui a fait jouer 7 guitaristes et deux batteurs locaux, une sorte d'orchestre où chacun joue une note différente de la gamme... le pire c'est que c'était vraiment pas mal), Clara Clara (tout le monde connait), Orval Carlos Sibelius (aucun souvenir, je devais manger une pizza), Ok Vancouver Ok (pop toute fragile entre Xiu Xiu, The Notwist et des groupes d'emo du midwest repris par un groupe de pop 60's.... j'ai trouvé çà mortel), Grass Widow (pop garage, très bien dans le genre) et les héros locaux Sida (meilleur concert pour moi à ce jour avec plein de nouveaux morceaux... Il faut dire que je ne les avais pas vu depuis près d'un an). Bon je ne sais pas quand aura lieu le #4, mais d'ici là vous avez le temps de créer des groupes pour y jouer et d'imaginer des nouvelles recettes de pizzas.

vendredi 24 juin 2011

Bernay's Propaganda + Xaxaxa + Koenigstein Youth @ Grrnd Zero, 1/06/2011

Xaxaxa

Xaxaxa

Bernay's Propaganda

Bernay's Propaganda

Koenigstein Youth

Bon, les péniches çà va 5 minutes mais rien ne vaut un bon concert à la maison, a.k.a. au grrnd zero, avec en prime plein de fumeurs pour une chaude ambiance... plein de fumeurs ? certainement pas Vasko de Xaxaxa et Bernay's Propaganda, anciennement chanteur de FPO, un des meilleurs groupes de hardcore que j'ai vu ces dernières années... A une époque où la moindre tendance straight-edge est devenue aussi cool dans la scène punk que d'être militant pour le Nouveau Centre (merci le retour en grâce des rockers à chaussures pointues - qu'on avait pourtant cru enterrés depuis au moins 1995 - et la loi anti-Tabac dans les lieux publics), çà fait plaisir de voir encore des gens mettre çà un peu en avant, surtout sur un ton aussi humoristique et avec autant de dérision qu'avait pu le faire Vasko lors de ce fameux concert de FPO à Montbrison devant un parterre de jeunes gens avinés l'exhortant à enchaîner les morceaux rapides sans s'attarder sur leur contenu. Devant une telle réaction, il n'hésitait pas à multiplier les monologues pour se mettre encore plus à dos le public en question. Quel bon gars, en vérité...

Alors quand j'ai appris l'année dernière que ce même Vasko avait un nouveau groupe dans un registre totalement différent, à savoir Bernay's Propaganda et son post-punk aux accents soul et funky avec une chanteuse, je ne pouvais que me gratter la tête de curiosité. Et quand on m'a dit qu'en plus Bernay's propaganda tournait avec un autre groupe constitué d'anciens membres de FPO appelé Xaxaxa jouant dans un registre emo/punk à l'ancienne alors là je me suis carrément excité tout seul, d'autant plus que Vasko joue dans les deux groupes !

En ce soir de premier juin, la fraicheur est au rendez vous mais ce n'est pas çà qui va m'empécher d'apprécier le set de Xaxaxa qui ouvre le concert. Un set direct, sans fioritures, joué par un trio guitare / basse / batterie, avec Vasko au chant et à la jazzmaster, et tout de suite je me dis que çà faisait des années que je voulais (re)voir ce genre de groupe. Xaxaxa joue dans une catégorie très particulière, un style à la croisée de plein d'influences: punk rock mélodique mais pas pop, emocore des années 80 sous influence DC (Rites of Spring / One Last Wish / The Hated), avec bien sûr l'ascendant des plus grands du genre. L'Angleterre a Leatherface, le Minnesota Hüsker dü, la Californie J Church, la Finlande les trop méconnus Phoenix Foundation, la France Sixpack et le Japon 1000 Travels of Jawaharlal. Désormais la Macédoine a Xaxaxa. . On dirait bien que ce soir le trio réussit à trouver le parfait équilibre: C'est intense et beau, c'est brutal mais subtil, mélancolique mais çà donne quand même le sourire, bref, quand ce genre de truc est fait comme il le faut, çà devient pour moi la meilleure musique du monde, la quintessence de tout ce que je cherche. Le disque acheté dans la foulée révèle un groupe un peu plus pop (rapport au son de guitare beaucoup plus clair) mais sur scène, çà défouraille. Quand le groupe termine son set, j'ai l'impression que çà n'a duré que 5 minutes (une petite demi-heure en vérité) tellement je suis rentré dedans. En concert, parfois, le temps s'arrête.

Seulement quelques minutes passent avant de voir les musiciens remonter sur scène. Les trois mêmes. Aucun changement de line-up entre Xaxaxa et Bernay's Propaganda mise à part l'adjonction d'une chanteuse blonde filiforme qui a le bon goût de porter un tshirt Fugazi fait main. Ca aussi çà m'avait manqué. Sans presque aucune transition, le concert commence et d'entrée le style est complètement différent de celui pratiqué par les mêmes gens un quart d'heure plus tôt: Ici on a affaire à une sorte de post-punk où le coté dansant est super appuyé, comme pour pallier aux textes a priori très politisés de la chanteuse. Le groupe excelle en aisance dans ce style, c'est bluffant de voir les mêmes gens jouer de deux styles aussi différents avec autant de facilité. Si la musique de Bernay's Propaganda me touche moins que celle de Xaxaxa (en tout cas j'imagine moins écouter çà régulièrement), leur set est très prenant et on les sent vraiment à fond. Ca peut paraitre hautain de dire çà mais j'ai l'impression de voir rarement des groupes y mettre autant du leur dans leur musique. La foule semble apprécier beaucoup dans l'ensemble, il y a plus de monde que pour Xaxaxa en tout cas.

Une fois n'est pas coutume, la soirée se termine avec les presque locaux de Koenigstein Youth, et leur hardcore punk bien rapide et enragé. Pour ma part je ne suis pas vraiment dans l'ambiance donc je préfère m'éloigner de la scène d'un concert qui remporte quand même la plupart des suffrages. A noter une reprise de Negative Approach en fin de set avec l'ancien chanteur de The Cold Within au micro.