mardi 27 septembre 2011

Take Warning + Placard @ Rock'n'roll Vengeance, 17/07/2011

Placard

Placard

Take Warning

Take Warning

Take Warning


La mi-juillet est la phase de transition entre la période cool de l'été et la période déprimante (qui dure en général jusqu'à début septembre). Vous êtes pas d'accord avec moi ?

Après un week-end passé loin de Lyon, le retour sous la pluie n'est pas très engageant et c'est dans une humeur un peu maussade que je mets les pieds au rock'n'roll vengeance. Est-ce que le punk va m'égayer ?

Placard sont de retour et font encore démonstration de leur punk rock sombre et "claustrophobe". Les gens semblent apprécier, le groupe semble angoissé, en ce qui me concerne je trouve que Placard n'est pas un groupe à mettre à la porte. Parfois on voit des groupes débutants en concert, et on a déjà l'impression de pouvoir fermer les yeux et d'imaginer ce qu'ils feront une fois qu'ils auront réglé leurs petits problèmes techniques. C'est à mon avis le cas avec ce Placard là.

Take Warning eux ne sont pas des débutants, puisqu'on y trouve Maz, figure historique de la scène punk stéphanoise, ainsi que des "kids" (de 30 ans) autour de lui, dont les méfaits les plus récents sont Ken Park et Koenigstein Youth. Take Warning a la difficile tâche de continuer le courant du punk français chanté en anglais. Dans les années 90, chanter en français c'était soit faire le jeu de la loi Toubon, soit être un groupe d'emo radical, les groupes cools chantaient tous en anglais. Aujourd'hui çà parait presque étrange. Si les paroles le font, je suis prêt à entendre des groupes français chanter en chinois, islandais ou estonien, en 2011 çà me parait absurde de vouloir à tout prix coller à quelque chose d'aussi insignifiant que la nationalité. En tout cas musicalement Take Warning joue puissant, serré, et Maz a toujours autant d'énergie sur scène. C'est du punk mélodique très anglais, parfait pour aller se bastonner contre les supporters de l'équipe adverse après une rencontre houleuse au stade. Honnêtement, je ne fais pas çà tous les week-ends.

Pas étonnant que la fin de la soirée se passe donc dans une pure ambiance PMU / fête de la bière dans laquelle je me sens comme un élu UMP perdu dans une grève de mineur. Je disais quoi déjà un peu plus haut sur le sentiment d'appartenance à un pays et à une culture commune ?

jeudi 8 septembre 2011

Pink Reason + Circuit des Yeux + Antez @ grrnd zero, 11/07/2011

Antez

Circuit des yeux

Circuit des yeux

Circuit des yeux

Pink Reason


Si vous m'aviez demandé il y a deux ans qui pouvait encore sauver le rock, je vous aurais sans doute donné le nom de Jay Reatard. Le dernier héros du garage-pop en flying V ayant passé l'arme à gauche à la suite d'une crise cardiaque (à 29 ans), il ne reste donc plus que Kevin Failure, alias Pink Reason, pour mériter ce titre de sauveur du rock (à mon sens). En effet, quand on parle d'un type de moins de 30 ans, qui a grandi une partie de sa jeunesse en Sibérie, qui est ensuite devenu une sorte de SDF survivant en dealant, et qui depuis presque une décennie sort toute une série d'enregistrements plus ou moins obscurs allant du folk rock neurasthénique (son premier LP de 2007 Cleaning the mirror) au punk/hardcore (le EP Desperate Living sorti l'hiver dernier) en passant par des trucs assez bizarres, généralement avec des instruments empruntés et avec des gens différents pour l'accompagner, et toujours avec cette voix reconnaissable immédiatement, on ne peut que se dire qu'on a affaire à un personnage plutôt important.

Voir Pink Reason en concert était donc quelque chose que j'avais même du mal à imaginer, et pourtant j'ai découvert une après midi de fin de printemps à la luttine qu'une tournée était prévue et qu'elle allait passer par Lyon (avant de s'enfoncer très profondément dans l'est de l'Europe, seconde patrie de Pink Reason).

Avance rapide jusqu'à ce lundi soir de juillet, à une période qui est déjà avancée dans l'été, en tout cas pour voir des concerts. En conséquence, la foule qui se presse ce soir est assez surprenante, pas mal de gens différents des concerts habituels du lieu, mais suffisamment de gens pour se dire que Pink Reason doit quand même toucher un peu de monde dans une ville comme Lyon. Ou alors est-ce l'effet "vacances en ville" qui pousse les gens à se ruer au premier évènement musical venu ? Honnêtement, je me refuse de croire que les gens sont venus par hasard à ce concert.

La soirée commence avec Antez, un gars de Grenoble qui fait une sorte de performance bruitiste en amplifiant le son des métaux, telle une sorte de retour aux fondamentaux de la musique industrielle. Je n'ai pas regardé longtemps car le concert a lieu dans le salon du grrnd (quelle bonne idée) et la plupart des gens étant assis, il est difficile de trouver une place pour se positionner debout sans se dire rapidement que pour apprécier de voir çà il vaut mieux être également assis. Lorsque je regarde la performance de Antez, il tourne autour d'une sorte de bidon de métal en raclant le couvercle avec des objets en métal, en essayant d'en extraire le son. je finis par me dire que c'est aussi bien d'écouter le son dans la "salle d'attente" à coté sans avoir besoin d'être un spectateur visuel du concert. N'est ce pas aussi l'intérêt de ce genre de musique ?

La suite est assurée par Circuit des Yeux, un projet d'une fille qui tourne avec Pink Reason. Il s'agit d'une fille qui joue de la guitare électrique et branchée à plein de pédales, une sorte de folk sombre et lent avec des morceaux longs et assez prenants. En gros, une chanson commence tranquillement, une ambiance s'installe, puis elle prend de l'ampleur, plus çà avance et plus il y a d'effets, de sons, de voix, et parfois çà devient assez étrange et surprenant. J'ai trouvé çà assez intéressant, çà m'a pas mal rappelé le concert de US Girls l'an dernier au même endroit, sauf que les cassettes audios auraient été remplacées par une guitare.

Quand Kevin Failure s'installe sur une chaise au milieu du salon du grrnd zero, la lumière s'éteint et la plus grande partie du public s'asseoit en silence pour écouter le chanteur presque silencieusement. Si chez lui, au nord des Etats-Unis, il joue souvent accompagné de plusieurs musiciens dans un format électrique (avec batterie, etc), lors de cette tournée il est absolument seul avec sa guitare acoustique. Ce concert va s'avérer un moment de communion entre lui et un public très respectueux, dans une ambiance quasi religieuse étonnante. Durant une demi-heure il joue quelques titres assez emblématiques de son répertoire ("Goodbye", "Borrowed time", "dead end", "the devil always wins" - ce dernier, normalement entièrement a cappella, avec les clappements de main du public comme rythmique), ainsi que des morceaux que je ne connaissais pas, et des reprises bien senties ("bloodstains" de agent orange, que j'avais déjà entendue sur des enregistrements sans connaitre l'originale, et "ready to fight" de negative approach en rappel).
Je ne sais pas trop quoi ajouter. J'ai eu l'impression de découvrir l'intimité d'un artiste, tant les conditions s'y prêtaient, tout en ayant l'impression que un concert de Pink Reason a l'atmosphère et l'ambiance propre au lieu où il se fait, aux gens qui y assistent, à l'humeur du bonhomme, aux morceaux sélectionnés (il en a joué 7 ou 8 alors qu'il doit en avoir une centaine dans sa guitare). Je suis reparti de là en me disant que j'avais assisté à un grand moment, mais sans la frustration de se dire qu'il ne pouvait pas se reproduire. Chaque concert de Pink Reason semble être différent et çà me donne de l'espoir pour l'éventualité où je le reverrais. N'est ce pas la marque des grands ?



vendredi 19 août 2011

Zombies are pissed @ Le Tostaki 1/07/2011





Si Cora n'avait pas fait deux-cent kilomètres pour voir ce concert en me convainquant qu'il fallait absolument être présent pour assister à ce qui semblait être le renouveau de la scène hardcore française, je ne sais pas si je me serais déplacé.

Je dois bien avouer que je ne connaissais Zombies are pissed que de nom jusqu'à ce soir, malgré le fait que l'ancien batteur ait déménagé à Lyon récemment. Quant à Splint, le groupe qui ouvraient pour eux, je n'en avais tout bonnement jamais entendu parler.

Quand on arrive au tostaki, à une heure où en général je pense plutôt à lire des commentaires sur des forums internet en réfléchissant à ce qui va constituer mon diner une heure après, je constate que je ne connais absolument personne des gens qui trainent devant le bar. Je crois que çà faisait bien 10 ans que çà ne m'était pas arrivé lors d'un concert affilié punk / hardcore à Lyon. Je ne cherche pas ainsi à montrer l'étendue de mes qualités mondaines (dont l'image volera de toute façon immédiatement en éclat si jamais vous allez la "chance" de me croiser dans le monde réel - je suis moins loquace avec la bouche qu'avec les doigts) mais plutôt à démontrer qu'il n'existe pour ainsi dire plus une scène punk/hardcore lyonnaise mais plusieurs. C'est pour ainsi dire assez rassurant de savoir qu'on peut aller voir des concerts de styles proches en voyant des gens différents. Le fait est aussi que beaucoup de concerts du style ont eu lieu à Grrnd zero ces dernières années, lieu dont la programmation musicale peut sembler souvent illisible pour des gens qui cherchent avant-tout une musique directe et aux émotions fortes. Le seul truc étrange est qu'il n'y a quasiment pas de filles dans le public ce soir, d'autant plus que c'est une fille qui organise. Les hommes aiment le hardcore viril et les filles préfèrent aller voir Japanther et No Age à Gerland ? Ne me faites pas croire que ce cliché est vrai.

Le temps de prendre un verre, d'attendre un bon moment dehors, puis le premier groupe s'installe. Il s'agit d'un groupe de dépannage pour la soirée appelé Hangover for breakfast. Avec un nom pareil je suis plutôt dubitatif sur le contenu des textes du groupe, sur lesquels je ne préfère pas me pencher. Je ne reste pas longtemps devant leur prestation qui est une sorte de mélange de folk-punk de marin tatoué à voir éraillée entre les Pogues et Against Me! (dont ils vont jusqu'à reprendre "Pints of guinness make you strong") et de passages ska. Beaucoup de gens apprécient le set, et je n'en fais pas partie.

Splint enchainent, et nous informent qu'ils viennent de Dijon. Le chanteur visiblement déjà bien saoul se répand dans beaucoup de monologues entre les morceaux, monologues qui malheureusement ne présentent pas un grand intérêt alors que en général je suis plutôt pour ce genre de tentative de ramener un peu de dialogue dans les concerts. C'est dommage car çà ferait presque oublier que le batteur est très doué, que le bassiste joue vraiment hyper bien et que le guitariste est également excellent, même si je n'aime pas forcément ce qu'il fait, et qu'au final le groupe joue un bon hardcore énervé, rapide et hyper efficace. Il me faut un bon moment pour me rendre compte que le guitariste est également un ancien Krapnek (groupe dont les concerts étaient à chaque fois des évènements par ici), et à la fin je trouve que Splint ont bien fait bouger le dance-floor. Bonne surprise. Et puis des groupes qui font des reprises de Burning Heads, je ne peux que les soutenir des deux mains...

Zombies are pissed sont un quintet caennais, dont l'ancien batteur joue désormais dans Veuve SS et dans Sport, et dont le nouveau traîne également ses baguettes dans Sugartown Cabaret. Dès le début de leur concert, je sens que je vais trouver çà cool. On dirait une sorte de mélange de punk rock mélodique moderne influencé par des groupes influencés eux-mêmes par Hot Water Music, et de hardcore rapide aux tendances old-school voir fastcore (cf la reprise de Limp Wrist que je n'ai même pas été foutu de reconnaître). Assez surprenant en vérité, je n'ai pas forcément les références musicales récentes de ces gens mais je trouve leur concert frais, sincère et super énergique. Les gens dansent, sautent partout et sont heureux, et même si je n'en connais que deux ou trois qui viennent d'arriver dans le tas je me sens vraiment bien et en accord avec l'ambiance de la soirée. A la fin du concert je me fend même d'un achat de leur split EP avec Youth Avoiders (encore un nouveau groupe hardcore français qu'il faut que je creuse...)

Tout çà m'a ramené quelques années en arrière, lors des échanges incessants entre les groupes lyonnais (Daitro, Simfela, Mihai Edrisch...) et des autres villes (Flying Worker!, Hyacinth, Dead for a minute, Apollo Program, Amanda Woodward) . Ce concert m'a rappelé que ce genre de scène "fraternelle" existait encore dans ce genre de musique.


mercredi 17 août 2011

Fast Arbeit Babies @ Rock'n'roll Vengeance 28/06/2011




Premier concert au nouveau squat du rock'n'roll vengeance, une grande maison occupée depuis peu et dotée de larges espaces verts derrière ! Un endroit plutôt adapté à une chaude soirée comme celle de ce 28 juin, avec deux groupes qui ont déjà joué à Lyon deux ans auparavant, à savoir Fast Arbeit Babies de Strasbourg, et La URSS, groupe espagnol.

A peine arrivé on apprend que La URSS ont eu un problème de van et qu'ils risquent d'arriver assez tard. Etant donné que je dois me lever très tôt le lendemain, çà compromet largement mes chances de les voir.

Au bout d'un certain temps, Fast Arbeit Babies commencent à jouer dans le garage surchauffé de la maison. Même si la plupart des gens semblent rester à l'intérieur, le quintet alsacien donne toute son énergie dans un concert qui surpasse largement le souvenir de leur déjà très bon set au coco charnel en 2009. Fast Arbeit Babies officie dans une sorte de punk bizarre très rythmique avec la présence d'un clavier, et avec au chant deux filles qui éructent parfois en duo, parfois séparément, et le tout est très énergique. Si au départ j'avais trouvé que l'intérêt du groupe tenait surtout à son originalité (on pense à Robotnicka ou Lucrate Milk, pas les références les plus courantes), après ce concert je me dis que la musique vaut largement plus le coup qu'il n'y parait au premier abord. Les compositions du groupe sont surprenantes et utilisent sans cesse de nouvelles trouvailles, et l'effet serait un peu comme de monter un escalier dont les marches multicolores se déroberaient les unes après les autres, faisant tomber l'auditeur (ou spectateur) dans une piscine de bonbons entourée des deux chanteuses de FAB qui lui crieraient dans les oreilles.

Visuellement, le groupe en impose aussi et l'espèce de complicité entre les deux filles du groupe est assez plaisante à voir. Au bout d'un moment je commence à me sentir vraiment mal à l'aise à cause de la chaleur et j'ai envie d'enlever ma chemise, mais ne voyant personne de torse nu dans la salle j'y réfléchis à deux fois, et c'est ainsi ma pudeur naturelle reprend le dessus. Dans d'autres contextes je serais plus à l'aise mais dans celui là je préfère m'abstenir. Je ne sais pas si j'aurais offensé d'autres personnes en enlevant le haut, mais j'aime bien penser à cette idée de la nudité (partielle ou totale) dans un contexte de concert punk, et notamment dans un squat. Ne pourrait-elle pas devenir un peu plus banale lorsque les conditions climatiques s'y prêtent ? Où est-elle encore une fois une barrière infranchissable entre hommes et femmes (les premiers ayant beaucoup moins de contraintes sociales à se dévêtir) ?

Bref, dès la fin du set je me précipite dehors histoire de sécher un peu, et j'apprend que les espagnols ne sont pas près d'arriver. Etant donné que je les avais trouvé assez quelconque la première fois, je n'ai pas de regrets à filer vers le métro.

vendredi 22 juillet 2011

The Estranged + Pizza OD @ la Triperie 23/06/2011

Pizza OD

Pizza OD

Pizza OD

The Estranged

The Estranged

The Estranged

The Estranged

The Estranged

The Estranged

The Estranged


La venue de The Estranged en Europe constituait pour moi un évènement, depuis que je m'étais mis à sérieusement suivre les conseils de quelques camarades éclairés (vous savez, ceux qui commandent toujours les bons 45 tours que tout le monde cherche 6 mois après leur sortie quand ils sont déjà épuisés...). Inconnus au bataillon pour certains, déjà trop hype pour d'autres, The Estranged ont au moins le mérite d'avoir remis au goût du jour une certaine vision du post-punk, à savoir celui de leur ville natale, Portland, dans la lignée des Wipers, groupe qui ne cesse d'être redécouvert par plus de monde chaque année. Il faudrait évidemment abuser de mauvaise foi pour considérer que The Estranged, anciens Remains of the day, n'en sont qu'une pale copie, étant donnée l'évolution constatée sur le dernier album du groupe "the subliminal man" vers des territoires un peu plus "new-wave" (j'ose pas dire post-punk car j'ai l'impression de le sortir à toutes mes chroniques.... çà y est j'ai trouvé un générique encore moins précis que "emo"... le post-punk c'est bien ce que tous les kids téléchargent sur leur macbooks depuis 5 ans, non ?)

Bref, je m'égare, et ce soir les ricains jouent à la triperie, salle des pentes de la croix rousse qui ne semble pas trop avoir l'habitude de ce genre d'évènement, avec nos amis de Pizza OD pour ouvrir de belle façon la soirée.

Je ne m'étendrais pas trop sur la prestation de Pizza OD. Si vous avez lu le blog récemment vous pouvez (re)lire tout le bien que je pense de la "nouvelle" orientation du trio, et ce soir rien ne déçoit, si ce n'est que j'ai un peu de mal à totalement rentrer dedans, faute à une température très élevée qui n'incite pas trop les gens à bouger, ce que Alex fera remarquer pendant le set. Ce soir c'est surtout la release party officieuse du premier disque de Pizza OD, un beau EP 7 pouces avec une pochette cool et un insert à l'humour très local, et çà c'est également un grand évènement.

Juste le temps de sortir, et de voir arriver mes amis clermontois de Bored to death qui étaient déjà en train de chercher une place de parking avant le set des lyonnais et qui ont fini par se garer assez loin en pestant contre la non-disponibilité des places dans les pentes. Ca me rappelle l'époque des concerts récurrents dans le quartier, époque où venant de loin je laissais régulièrement ma voiture sur l'autre rive, préférant finir à pied. Quand je discute avec des clermontois j'ai presque l'impression d'être un parisien, ce qui est assez bizarre pour moi.

The Estranged attaquent peu après, et là, tout de suite je sens que je vais avoir droit à un des concerts de l'année. Le groupe a l'air tendu, mais avec cette tension positive qui va se décharger en énergie électrique et irradier tous les heureux spectateurs. C'est un peu çà en fait... il fait chaud, très chaud, et très humide dans cette salle, les gens sont serrés comme des voitures un samedi de juillet sur l'A7, et attendent patiemment le début du set comme une sorte de libération. Et là, tout s’enchaîne dans une débauche de décibels. La batterie, la basse, et la guitare - passée à travers un paquet d'effets transformant le son chaud et puissant habituel de la Les Paul en un son tranchant parfaitement adapté à la musique du trio et à la sonorité du lieu - sont au service de ces chansons, tirées d'un peu toutes les sorties du groupe, que çà soit des premiers EP sortis il y a déjà 3/4 ans au dernier album que je ne connais encore que très peu au moment du concert (mais j'ai bien eu le temps d'user mes mp3 depuis) en passant par quelques sélections bien senties du premier album - pas forcément les morceaux que j'imaginais d'ailleurs. La musique de The Estranged possède cette rythmique implacable qui permet tous les débordements en concert. Un peu comme si ils voulaient absolument faire sortir ces chansons de leurs rails. Au bout d'une quarantaine de minutes le groupe sort vidé, épuisé, et je pourrais facilement tordre ma chemise et en faire sortir au moins un litre d'eau tellement j'ai transpiré, mais en tout cas je suis bien content d'avoir vu çà, surtout après les commentaires peu engageants suite aux prestations du groupe dans d'autres villes (Bordeaux, Paris). La réussite d'un concert est une alchimie de plusieurs choses inquantifiables et ce soir çà a marché.

mardi 19 juillet 2011

Défaite de la musique @ L'atelier des canulars 21/06/2011

Sarkofacho CRSS 88

Moms on Meth

Moms on Meth

Moms on Meth

Motherfucking

4ème édition depuis 2008, la défaite de la musique de la Luttine est l'occasion pour une partie de la scène punk locale de faire découvrir ses nouveaux talents et de célébrer quelques anciens devant un public de passants parfois curieux et souvent effrayés. On peut se rappeler de l'excitante première édition sous la chaleur en 2008 (Lexomyl, Organ Grinder, Sarkofacho CRSS 88, Pizza OD, Passion Armée, Yulia Darwin...), de la cool édition de 2009 sous un temps doux et variable (Morgane Desbeet, 12XU, Télécommande, Tofu Vendetta, Fleurs, Otaku Party, Good Good Things...), de l'édition spéciale groupes non lyonnais sous la fraîcheur en 2010 (Profs de Skids, Rip it up, Gethen, Beyond Pink, La Peau et les Os...) et c'est donc logiquement avec des orages et des trombes d'eau que cette édition 2011 devait se passer. Vivement l'ouragan, la tornade voir le blizzard pour le 21 juin 2012.

Dans ces conditions, il n'y avait pas d'autre moyen que d'investir les locaux de l'atelier des canulars au 87 de la rue Montesquieu, ce qui avait également pour avantage de limiter les posssibles arrivées de nos amis de la police nationale. Le lieu n'était peut-être pas des plus adaptés pour un concert mais étant donné la dispersion des soirées ce soir là (cf le concert de Modern city quelques rues plus bas avec Veuve SS, 12XU, Aina...) la jauge n'a jamais explosé.

Christopher aka SarkofachoCRSS88 ouvre le bal, il doit être le seul à participer à chaque édition sous une forme ou une autre et comme d'habitude çà va dans l'agression pure, alors que la plupart des gens sont encore à l'extérieur au moment du set. On dirait que le public de la fête de la musique n'est toujours pas habitué à ce genre de performance.

Moms on Meth enchainent, devant déjà un peu plus de monde, et encore une fois le groupe livre un concert bien puissant et énergique, les gens n'osent pas encore trop danser mais apprécient le set. Le batteur devant partir jouer avec Lost Boys et le guitariste avec Veuve SS à la soirée Modern city, le set ne s'éternisera pas.

Motherfucking sont les suivants, dans une ambiance beaucoup plus "tranquille", et pour la deuxième fois en un mois j'apprécie leur prestation bien ambient/fin du monde, finalement peut-être que l'atelier est plus adapté pour certains groupes que pour d'autres ? C'est juste dommage que les piles de mon appareil photo lâchent à ce moment et que je n'en ai pas d'autres sur moi.

Tant pis pour The Watcher, nouveau groupe de la diaspora oullinoise qui effectue ce soir son premier concert. Le style n'a encore une fois rien à voir avec les groupes précédents (coté musique cette soirée brille par son éclectisme) en jouant une sorte de post-hardcore / post-rock qui personnellement me fait penser à du Neurosis dernière période ou à des trucs genre Pelican, c'est à dire lent, un peu planant et un peu heavy, mais pas trop tout de même malheureusement. On sent le groupe appliqué et content de jouer, mais encore très timide, ce qui est bien normal pour un premier concert. En général je ne suis pas très amateur de ce genre de musique mais là j'ai trouvé çà plutôt assez bien senti.

Tant pis également pour Anti-Oedipe, et leur techno-anarcho punk (??) énervé et rapide. La foule s'est amassée dans le lieu et l'ambiance devient de plus en plus électrique. Serait-ce la présence d'une chanteuse ou les influences anarcho-punk du quatuor qui excite autant les gens ? Ou alors le début d'orage ? Le groupe n'a pas l'air super à l'aise face au public qui renvoie surtout une certaine forme de violence, ce qui peut sembler compréhensible.

Le concert de Pizza OD fait écho à celui de 3 ans plus tôt quelques mètres plus loin, avec cette fois ci leur nouveau set, désormais bien encré dans les têtes des fans: "cigarettes", "maison hantée", "au fond du ravin", etc.... l'ambiance est hyper cool et le public est à fond.

Il y aura ensuite des concerts de Placard et de Black Bird Raum (groupe de folk-punk américain qui tourne en train) mais il est déjà tard et je dois m'en aller.


lundi 18 juillet 2011

Placard + Torticoli @ Grrnd Zero 7/06/2011

Placard

Torticoli

Un concert en semaine avec des groupes aux noms improbables... quand je dis improbables c'est qu'on est tellement habitués depuis des décennies à entendre des noms anglais un peu partout que forcément quand un groupe décide de s'appeler Chevreuil ou Placard çà choque tout de suite alors que bon, en vérité, un nom est juste un nom...

Mais 3 (et même 4 ) groupes à la suite avec des noms en français on avait pas vraiment l'habitude...

Bon ce débat est quelque part hors sujet et si vous me demandez, je pense que je préfère encore les groupes dont les noms n'ont pas de sens direct ou n'évoquent rien de précis. C'est juste mon avis.

Placard est la réincarnation de TMNT, aka Teenage Mutant Ninja Turtles, nouveau groupe lyonnais formé de jeunes gens qui officient dans un genre de punk rock / hardcore assez personnel.... le changement de nom évoque le changement de style vestimentaire du groupe (fini les masques), mais peut-être aussi le coté "claustrophobe" de la musique ? C'est ce qui était marqué sur le flyer mais je trouve que çà sied bien au quatuor ce soir là, du punk rock donc, mais dans un genre qui dégage de la frustration, une certaine forme de colère mais pas vraiment explosive, bref, j'ai trouvé ce set intriguant et çà m'a donné envie d'en voir un deuxième dans pas très longtemps.

Torticoli, pas prévus à l'origine, enchaînent avec leur rock instrumental puissant et évocateur, je trouve çà encore cool comme lors du concert en ouverture de Forgetters deux semaines plus tôt, sauf quand le guitariste sort le bottleneck pour un morceau qui me rappelle un peu trop des trucs à la Queens of the Stone Age et compagnie.

La suite se passe avec Cogne et Foutre, projet solo mélangeant vidéo et bruit crée par un des activistes derrière dodeskaden, et très honnêtement je n'aurais pas grand chose à en dire manquant totalement de référence dans le domaine.

La soirée se termine avec La Race, groupe a priori excitant puisque constitué de Pavel de Death To Pigs (un des groupes français les plus excitants en concert de la décennie passée, à mon avis et de Hallux Valgus et d'ex (ou actuels ?) membres de Headwar (idem que pour Death To pigs). Malheureusement il est déjà relativement tard et je dois me lever quelques heures après donc c'est à regret que je dois quitter la salle avant leur set, mais il parait que c'était bien.